II- Quand tout ne se passe pas comme il faudrait
accueillir un grand prématuré

Le risque de grande prématurité

 

C’était une banale consultation. Rien d’alarmant, rien de particulier, mais alors que rien ne l’annonçait, le couperet tombe, 26 SA avec un col effacé et dilaté à 3 cm; quand vous êtes multipare vous savez parfaitement ce que cela implique. En résumé, votre corps est « quasiment » entrain d’accoucher. Je suis une maman de prématurés récidiviste : à mon actif 3 prématurés modérés, et pour ma dernière, à ce moment là, le travail a ouvert le col cerclé. En moins de 3h de temps j’étais à 3cm alors que j’étais programmée pour une césarienne la semaine suivante. 

 

Pour en revenir à cette fois-ci, c’est la première fois que je me retrouve en risque de très grande prématurité sans le savoir (travail silencieux et non douloureux, mais ça c’est une autre histoire). Tout de suite le corps médical va poser une conduite à tenir pour « aller le plus loin possible », mais ça reste une situation anormale qu’il faut traverser et de laquelle il faut triompher. Je vous partage dans ce qui suit comment ma Championne Nenette et Moi avons remporté une course contre le col ouvert, contre les contractions précoces et efficaces et contre le temps pour enfin nous rencontrer.

 

1. Le respect strict des consignes du médecin et RAV (Réflexe Avis médical)

 

Quand vous apprenez à 6 mois de grossesse que vous êtes en train d’accoucher, vous entrez dans une partie hyper « médicalisée » de votre grossesse. Immédiatement, le médecin met en place un protocole. Pour moi du repos strict à domicile avec des médicaments pour gérer les contractions et ralentir le travail en cours. Mais certaines mamans se sont retrouvées en hospitalisations longues (6 voire 8 semaines, allongées, parfois avec les pieds en l’air ect.).

Résultat : 22H/24 au lit, debout pour aller aux toilettes pour la douche et assise pour les repas

 

A ce stade, Il est fondamental de respecter les consignes du médecin. Surtout NE TRICHEZ PAS ! Ne vous cachez pas pour essayer de faire un trousseau de naissance ou pour vous lancer dans un chantier de nursery. Je n’ai pas pu faire « mon nid » pour accueillir mon bébé en réalité, mais à cet instant ce qui comptait le plus, c’était de la tenir au chaud le plus longtemps possible, pas de choisir la couleur de la peinture de la nursery. 

 

Durant cette période, il est essentiel que votre médecin soit votre « allié ». Il est important d’avoir une excellente relation avec le praticien qui vous suit, de pouvoir l’appeler de jour comme de nuit. 2 semaines avant la naissance de la mistinguette, j’ai eu une alerte en pleine nuit avec des contractions toutes les 5 minutes et j’étais contente de pouvoir lui parler en me rendant à l’hôpital ! je n’aurais pas pu supporter un médecin « demi-dieu » qui fait ce qu’il à faire sans prendre la peine de m’informer, ou un médecin injoignable.  N’hésitez pas  à poser toutes vos questions, à partager vos craintes sur le volet médical personne ne connaît mieux votre dossier et ses implications. Et si quelque chose vous trouble, CONTACTEZ-LE ! Mieux vaux déranger votre médecin pour rien, plutôt que de courir des risques supplémentaires.

 

comment accueillir un prématuré

2. Zéro stress, c’est la base

  • D’expérience, je sais que le stress est un mauvais ami sinon un vrai ennemi de la grossesse, mais encore plus quand quelque chose ne fonctionne pas. Du coup je savais que je ne devais surtout pas stresser.  Ah, si c’était aussi simple à mettre en pratique ! Mais à ce stade, a-t-on le choix ? Il faut être détendu, les hormones du stress étant néfastes dans ce cas de figure. Mon astuce ? Rire, regarder des vidéos qui détendent, des films à l’eau de rose ou des comédies romantiques. Evitez le journal en continu des chaînes d’informations qui répète inlassablement des informations tristes à en mourir, par exemple.

  • Tout le monde n’a pas besoin d’être informé de ce que vous traversez. Certaines personnes viendront vous ajouter leur stress et leur peur. Très peu de personnes connaissaient ma situation et j’ai choisi ceux que j’ai informé en tenant compte de :
  1. Leur capacité à respecter mes choix (même s’il me donne leurs avis), après tout c’était moi qui assumais à la fin de toute chose.

  2. Leur disponibilité en tant que proches, déjà que je passais mes journées couchée ça aurait été difficile en plus de ne pas pouvoir compter sur mon pré-carré

  3. Leur expérience de la vie : A ce niveau, là quand je disais je n’arrive pas à manger, c’était plus simple d’avoir un face de moi quelqu’un qui comprenait que ça pouvait arriver dans la grossesse plutôt que quelqu’un qui me dirait « Hum, c’est que tu n’as pas faim » !

     Et ce petit groupe de personnes là, a été celui qui priait pour moi quand c’était tendu, celui avec qui je pouvais bavarder 20 minutes au téléphone, celui avec qui je faisais des appels vidéo à Adjamé pour choisir l’ensemble de bain de bébé etc. 

  • Je devais tenir 6 semaines, découpées en paliers de 2 semaines pour atteindre le stade de la prématurité modérée. Pour l’hyperactive que je suis, rester couchée semblait mission impossible. L’astuce, ne pas considérer la durée, mais chaque jour qui passe comme une victoire à célébrer. Chaque jour de gagner est un sujet de joie : célébrez-le, félicitez-vous et félicitez votre bébé ! Finalement, avant que vous ayez le temps de réaliser 1 semaine, puis 2, 3, 4 seront déjà passés ! Moi j’ai pu tenir 40/42 jours, pas mal n’est ce pas ?

3. Se préparer à ce qui peut se passer

Bien que le volet médical ait été parfaitement couvert, il me fallait me préparer psychologiquement à accueillir un grand prématuré. A quoi ressemble un grand préma ? Il mesure combien de cm ? à quel poids faut-il s’attendre ? Comment se développe un prématuré, quels sont les risques et les contraintes ? J’ai donc mis mon temps de repos à profit pour lire des articles spécialisés sur la prématurité. J’ai appris qu’il existait une layette adaptée pour les bébés à faible poids, comment faire le portage Kangourou, ect.

 

Il fallait aussi se préparer avec le papa à tout ce que cela implique notamment l’hospitalisation en unité néonatale, les coûts (oui, un prématuré peut coûter très cher en fonction de sa maturité à la naissance), la présence d’un des deux parents… On exclut souvent les papas de la grossesse, surtout s’il y a des complications,  alors qu’ils ont aussi des questions et des émotions. Tant que possible, parlez-vous, recueillez les questions de votre conjoint, partagez vos découvertes sur ce qui vous attend. Par exemple, il est important qu’il sache que le portage kangourou n’est pas une exclusivité maternelle. 

 

Et Finalement, si vous avez d’autres enfants comme moi, le dernier niveau consiste à préparer aussi la fratrie à accueillir un bébé plus fragile que la normale. Il faut dédramatiser la prématurité pour les enfants, évitez les scénarios catastrophes tout en leur donnant la mesure de ce qui va arriver. Avec ma fille de 4 ans, nous avons suivi la storytime de Bébé Mo, un bébé prématuré né à 28 semaines qui était sous couveuse et intubée jusqu’à ce qu’il aille mieux. Dans l’attachement à Bébé Mo, ma fille s’est préparée en un mois à être une grande sœur aimante et délicate pour le bébé à venir. 

 

 

comment accueillir un prématuré

4. Préparer le « nid » sans se déplacer

 

Un des plus gros stress de cette période pour moi a été de me dire je ne suis pas prête, si je dois accoucher demain. Mais mon pré-carré a assuré ! J’ai fait une liste de première nécessité, ce qu’il nous fallait pour tenir le premier mois, et j’ai géré soit en ligne soit grâce à mes proches. Pour les vêtements, j’ai commandé à l’étranger (ça coutait un bras ici et surtout c’était la période des soldes en France) j’en ai profité (merci à ma personal shopper qui est allée faire mes achats en magasin, Mimilaure. Les maître-mots qui doivent guider vos choix doivent être : Chaleur et Praticité.  

 

En pratique ça donne des vêtements chauds taille 00 mois et des vêtements de suite en taille 0 mois, des draps, nids d’ange et autres gigoteuses en quantité suffisante (pour maintenir bébé au chaud), des couches de préma taille 0 (les tailles 1 sont trop grandes pour les bébés de moins de 2kg, résultat vous aurez des fuites). Pour le reste, un bébé prématuré reste un bébé, vous aurez besoin des mêmes articles de puériculture, faites la base : ensemble de bain, serviettes et autres savons doux. Une fois que vous aurez accouché, vous aurez du plaisir à compléter ce qui manque.

 

Le dernier point de préparation pour moi était d’arrêter le lieu de la naissance. Pour une naissance de prématuré, il faut un certain plateau médical avec notamment des professionnels de la néonatalité, une unité néonatale 1 (couveuse) avec de la disponibilité et une unité néonatale  2 (hospitalisation et adaptation). J’ai profité de mes visites pour me rassurer, poser des questions et visiter les unités (il n’y avait pas de bébé à ce moment là, on entre pas en néonatale lorsqu’il y a des bébés). Mon médecin étant accoucheur, nous avons ensemble arrêté le lieu.

 

Comme vous pouvez le constater, on se couche parce que la santé de la mère et de l’enfant l’obligent, mais on n’est pas pour autant inactive. Au contraire, se préparer à accueillir un grand prématuré vous occupera sainement en dehors des temps de sommeil. Il y a des jours avec et des jours sans, des jours où on y arrive plus facilement que d’autres, mais au final votre résilience vous portera vers un bel objectif : une rencontre d’Amour.

 

Mais ça on en parle dans le prochain article !

 

Mutti A.

 

COMMENTS

  • NikolGox (non vérifié) 28.03.2020, 1:46 am

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